Histoire du Beach Cruiser

Histoire du Beach Cruiser

Par Renaud POUTOT – Fondateur de United Cruiser

pub-haut

Trop souvent étiquetés comme « Beach bike » ou « Custom bike », images caricaturales des communautés de surfeurs (beach cruiser) ou bikers (vélo californien) qui en ont entretenu le mythe, le cruiser a avant toute chose, traversé les époques, donné naissance à bien d’autres styles de vélos et est le témoignage bien vivant que l’avenir le plus optimiste ne construit sa route que sur les fondements d’un solide passé…

1_empire_state_building_mini Tout commence aux Etats-Unis dans l’entre deux guerres.
Rappelons que « l’Amérique » jouit à cette époque d’une position mondiale dominante quand dans le même temps, l’Europe, affaiblie par la première guerre mondiale, tâche de se reconstruire une première fois.

Aux USA, nous sommes dans une période d’accélération du développement économique. Avec la croissance, le dollar devient rapidement la grande monnaie et le libéralisme bat son plein. C’est la naissance des nouvelles méthodes industrielles dont les symboles sont la Ford T pour l’automobile et l’Empire State Building (1930) pour l’architecture. Avec elles, la notion d’American Way of Life prend vie.

La crise économique de 1929, aussi violente fut-elle, va au final aider à la répartition des richesses du pays et permettre à tout un chacun de vivre son rêve américain. L’expression «American Dream» est utilisée pour la première fois par James Truslow Adams dans son livre The Epic of America en 1931. Elle signifie alors l’accès aux libertés fondamentales et l’ascension sociale par le mérite.

2_cars_on_mother_road_1930_mini

L’engouement pour les villes entraine des mouvements de populations vers les zones urbaines.3a_lindy_badge_mini L’automobile, les bus, les voies ferroviaires deviennent les vecteurs de possibles réussites et véhiculent tous les espoirs. Ils ont pour vocation d’emmener loin.

Contrairement à la vieille Europe, les productions industrielles sont à l’image du pays : l’acier et le chrome sont omniprésents et le pétrole coule à flot. Tout est grand, large et surdimensionné.

3b_shelby_lindy_mini C’est aux environs de 1930 que l’on voit apparaître les premiers « Balloon Bike » très inspirés par les productions automobiles et aéronautiques.

En 1929, Shelby Cycle Co. (Ohio) crée le « Lindy » en hommage à Charles Lindbergh qui traversa 2 ans plus tôt l’Atlantique Nord de Paris à New York à bord du « Spirit of St Louis ».

En 1933, Schwinn & Co. invente les Motorbike et Auto Cycle, résolument inspirés des productions Harley Davidson du moment, puis l’ Aérocycle, clin d’œil marqué au monde de l’aviation. En 1934, c’est au tour de Columbia Manufacturing Co. (Westfield, Massachsetts) de donner la réplique avec l’Elgin Blackhawk et l’Elgin BlueBird (1936).

4_schwinn_motorbike_mini6_schwinn-aero-cycle_mini7a_columbia-elgin_blackhawk_mini7b_elgin_bluebird_mini9_shelby_airflow_mini8_mercury_clipper_1937_mini

Enfin, Cleveland Welding Co. (Cleveland, Oklahoma) met tout le monde d’accord avec le premier RoadMaster en 1941. Huffman Manufacturing Co. (Dayton, Ohio) leur emboite le pas avec le Dayton Champion.

10_clevelandwelding_roadmaster_mini11_huffman_dayton_mini

Le « Balloon Bike » est né et il entre dans les foyers américains. Il trône en bonne place auprès de l’automobile et offre une alternative élégante pour les promenades en ville en famille ou le chemin du bureau.

12_debarquement_normandie_miniPuis, vient ensuite la seconde guerre mondiale. L’effort de guerre américain entraine une mobilisation industrielle sans précédent. L’issue du conflit mondial donnera à l’Amérique une aura planétaire.

Dans les années qui suivent, l’Europe entière veut vivre à l’heure américaine et au rythme du Rock n’ Roll : cinéma américain, chewing-gum et Coca Cola, cigarettes Lucky Strike et briquet Zippo, baskets Converse et guitares Fender sont autant de symboles universels de cette nouvelle culture !

13_fender_mini

Durant ces années là, la marque Schwinn devient la grande marque américaine. Le cruiser se fait tour à tour utile (Cycletruck) ou élégant (Huffy, Dial-a-ride) (Cleveland Welding Roadmaster Luxury Liner) et surfe sur les tendances futuristes comme le Bowden Spacelander !

14_schwinn_cycle_truck_mini15_huffy_dial_a_ride_mini

17_huffy_radiobike_mini18_bowde_spacelander_mini

Les années 60 verront apparaitre les Hot Rods, tandis que la Surf Music prend le pas sur le Rockabilly Boogie et la Beat Generation l’emporte sur les valeurs puritaines.

21_barris_show_mini20_edroth_mini

La Kustom Kulture nait quelque part dans les déserts californiens quand récupérant des voitures et des motos à l’état d’épaves, des passionnés de vitesse se mesurent sur les lacs salés. Les « Hot Rods », littéralement « pistons brûlants » sont dépouillés de tout accessoire pour filer au plus vite. L’imagination prend le pouvoir, et les artisans les plus doués de leur génération s’appellent Ed Roth ou George Barris :

 » Tout ce qu’on pouvait dire ou faire, que ça soit construire un Hot Rod, conduire une bécane, ou faire des trucs comme du surf ou jouer de la musique, tout ce qui venait de la scène Beat, comme la poésie, enfin tout ça, pour l’establishment dans ces années-là, c’était considéré comme contre-productif. Et de cette contre-productivité est née la contre-culture, des gens qui faisaient les choses contre-productives en se foutant de l’avis des autres, parce qu’ils aimaient ça et que ça venait du cœur. « 

22_schwinn-stingray_mini1960 sera aussi l’année de lancement du vélo des Kids américains: le StingRay de Schwinn.

Reprenant les courbes et le style général des cruisers classiques, ce petit vélo aux roues de 20 pouces va en réalité amorcer dans la décennie, les bouleversements les plus retentissants de l’histoire du cycle nord américain : dès 1968, Alors que la guerre du Vietnam bât son plein, des gamins Californiens commencent à dépouiller leurs machines pour s’affronter dans les terrains vagues cabossés des quartiers de Los Angeles. Ils inventent le « pedal cross » pour imiter sur leurs vélos, des Schwinn StingRay, les exploits de Steve McQueen en moto dans « La Grande évasion ».

24b_palms_park_mini24c_palmspark_mini

23_neil_armstrong_mini25_joe_kid_mini

26_gary_fisher_mini1969 : L’homme pose pour la première fois un pied sur la Lune et les petits californiens, la tête dans les étoiles mais les pieds bien sur terre, officialisent l’avènement du BMX à Palms Park, West Los Angeles ! (L’histoire du BMX est magnifiquement racontée au travers d’un film documentaire intitulé « Joe Kid on a StingRay » sorti en DVD en 2006).

Quelques années plus tard, le sport emportera avec lui définitivement l’aire du cruiser, quand quelques adultes en mal de sensations commencèrent à dévaler les collines de Californie (toujours) au guidon de cruisers dépouillés jusqu’à leur plus simple expression et inventent le concept du « Mountain Bike ». Parmi eux Gary Fisher et Ray Flores. Nous sommes alors en 1977.

Dans les années 80, il ne sera plus question de cruiser que dans les cercles initiés des surfeurs et quelques master-builders de la Kustom Kulture…

Nous entrons dans 3 décennies marquant l’immense domination du VTT, dès lors décliné sous toute ses formes : Cross-Country, Free ride, Dirt, pour les applications sportives mais aussi VTT généraliste et VTC à toutes les sauces et à tous les prix. On achète un VTT pour ses caractéristiques techniques au détriment, souvent, du confort et de la facilité d’utilisation.

28_schwinn_supermarket_mini27_columbia125tha_mini

Alors que certaines marques historiques comme Columbia verront leur histoire leur échapper complètement, le géant Schwinn emmené désormais par des financiers, n’aura d’autre alternative qu’accroitre son activité jusqu’à entrer dans les supermarchés, malmené de toutes parts par les jeunes marques plus sportives, plus créatives et plus en phase avec l’époque…

A vouloir être toujours compétitifs en prix, les géants du cycle commencent à délocaliser leurs productions pour des sites dont la main d’œuvre moins onéreuse, permet d’espérer des coûts de production plus faibles pour un résultat d’apparence similaire. Cette tendance a pour effet de générer un transfert de compétences vers le continent asiatique et malheureusement, occasionnera dans un second temps, la standardisation des productions : cadres, composants, pneumatiques communs ; seuls les prix, la déco et le marketing font la différence.

30_pee-wee_miniUne note d’optimisme au cinéma en 1985 : le film « Pee Wee Big Adventure » retraçant l’histoire de Pee-Wee Herman, homme-enf ant excentrique, portant un petit costume gris étriqué et un nœud papillon rouge, d’une joyeuse insouciance ! Le personnage est écrit et interprété par Paul Reubens.

Quelques années auparavant, sur les plateaux de Warner Bros., Reubens remarque que la plupart des gens se déplacent en cruiser. Il demande quand il s’y mettra lui aussi et le studio lui offre une vieille bicyclette Schwinn des années 1940 remise à neuf. Reubens abandonne alors le script qu’il est en train d’écrire, au profit d’un autre, traitant de l’amour que porte Pee-Wee à son vélo, du vol de ce vélo et des efforts qu’il va mettre en œuvre pour le retrouver. Hartman, Reubens et Michael Varhol vont co-écrire le script pour Pee-Wee Big Adventure, et en 1985 le film, réalisé par Tim Burton, sort sur les écrans.

31_bennojeano_electra_miniEn 1995, Après 20 ans d’évolutions fulgurantes et multidisciplinaires des VTT et Bicross, l’Amérique redécouvre enfin, avec bonheur, la joie nonchalante des « Classic Bike » ou Beach Cruiser au travers d’une jeune marque inventée par deux complices bourrés de talent : Jeano Erforth et Benno Baenziger fondent Electra Bicycle Company, avec la conviction que ces vélos sauront toucher l’âme d’enfant de ceux qui se fichent pas mal du vélo sportif, alors à son apogée.

Avec eux, en une dizaine d’années, c’est tout un mouvement qui se remet en route.

32_bikevote_miniDans les années 2000, les ex-pionniers du vélo sportif des années 90 sont devenus les nouveaux géants de l‘industrie. Toutes les marques se livrent une guerre acharnée à la technicité et toutes vous promettent à chaque nouveau catalogue (annuel) un pas en avant supplémentaire pour sauver la planète à grands coups de productions low cost vendues au prix de l’or en occident et soutenues par un marketing promotionnel en béton armé, lui-même rempli de clichés et d’éco-résolutions environnementales dégoulinantes de bon sentiments !

Depuis 2005, on assiste néanmoins au retour en force du Cruiser dans les villes du monde entier. Hier, pointé du doigt comme trop lourd ou trop exubérant le voilà qui reprend peu à peu la place qui était la sienne à son origine, celui du vélo familial urbain, élégant et pratique à la fois, à un détail près : c’est désormais une tendance mondiale, grâce à internet. Paris, Londres, Los Angeles, Moscou, Tel Aviv ou Tokyo découvrent avec joie le « cool riding ».

pub-haut

33_uc_main_miniChez United Cruiser, nous entendons résolument apporter à cette histoire un nouveau chapitre. Nous avons construit pour vous des vélos technologiquement très élaborés, utilisant des matériaux nobles et durables pour chaque composant. L’aluminium est omniprésent sur nos productions jusqu’à la visserie (!), ce qui représente une première mondiale. Par ailleurs 90% de nos pièces, dont nos cadres et fourches, sont issues d’un dessin original tout droit sorti de notre imagination ! Nous avons privilégié l’efficacité et l’agrément et réalisé un travail de fond sur la répartition des masses vers le bas pour faire de nos vélos des machines d’une réactivité redoutable, surclassant dans tous les domaines les meilleures réalisations en matière de vélos de ville ou VTC. Nous espérons vous faire partager notre goût pour les belles choses, mariant avec force et conviction notre respect pour la Belle Amérique et notre savoir faire Français, inspiré et créatif, à l’image de la haute couture de notre pays. Nous souhaitons de tout cœur vous inviter dans un voyage extraordinaire à nos cotés, sur nos vélos, qui à coup sur, sauront vous ouvrir de nouvelles perspectives. Ouvrez grand la porte de votre garage, regardez dehors sous un nouveau jour parce que « L’aventure commence au coin de la rue… »